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L'origine de la littérature chinoise remonte à deux millénaires avant l'ère chrétienne. Le sens de l'histoire et de la philologie sont les caractéristiques essentielles de cette littérature qui pratique la critique des textes.De sa tradition historiographique nous tirons une source documentaire unique sur le passé de la société chinoise. Ainsi, sous les Tang (618-907), on remarque que l'histoire officielle se bureaucratise et que l'interprétation de documents par les fonctionnaires révèle les préjugés de leur classe et de leur temps. La critique philologique a eu pour corollaire une floraison d'apocryphes et de falsifications littéraires unique. L'idéal futur est conçu comme un retour à l'âge d'or du passé. Aussi l'histoire de la littérature chinoise se présente-t-elle comme une suite de renaissances et de réformes, dont chacune prétend restituer la pureté des sources. Le confucianisme prèche le retour aux institutions des saints démiurges ayant fondé la civilisation, alors que le taoïsme remonte jusqu'à l'état de nature précédant la civilisation. Dans l'ensemble, la littérature chinoise révèle un esprit de continuité présent à travers toute l'évolution de la civilisation chinoise. Souvent détruites par le feu ou les pillages, les bibliothèques impériales ont toujours été reconstituées grâce aux ressources des bibliothèques privées, ce qui n'empêche pas de constater aujourd'hui l'absence d'ouvrages dont les titres figurent sur de nombreux répertoires bibliographiques. Aussi la disparition de documents littéraires est-elle liée à des contingences matérielles exception faite de l'incendie des livres ordonné par le Premier empereur, en 213 avant J.-C., inspirée par le taoïsme, seule philosophie chinoise tendant à la bibiioclastie et se combinant à un légalisme dictatorial et anti-intellectualiste. Au début de notre ère, la pénétration du bouddhisme bouleversa la pensée et la littérature chinoise en renouvelant l'inspiration, les thèmes, et les styles, notamment sous les Tang (618-907). Alors qu'en Europe on choisit entre paganisme et christianisme, en Chine le confucianisme et le taoïsme antérieurs au bouddhisme survécurent. Ainsi, la renaissance des lettres prébouddhiques à la fin du 1er millénaire, puis la formation, aux Xle-Xlle siècles, de la scolastique syncrétisante du néo-confucianisme, aboutirent par compromis et osmose mutuelle, à la coexistence du confucianisme, du taoïsme et du bouddhisme. La continuité historique de l'idéal d'un Etat universel fixa les institutions, les arts, les lettres et la pensée chinoise. Aussi, la persistance de la même langue depuis le Premier Empereur fut le ciment de la cohésion politique et de la culture chinoise au long des différentes dynasties qui se succédèrent. |
LA LITTÉRATURE CHINOISE |
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