LES JADES


LA TECHNIQUE

LES FORMES ET LEUR SIGNIFICATION

LES STYLES




Une étude du jade chinois se révèle impossible du fait de l'absence de données archéologiques sûres pouvant servir à l'élaboration d'une chronologie. La plupart des pièces des musées et des collections privées provenant de fouilles clandestines et le jade conservant son aspect primitif à travers les siècles, on ne peut donc ni juger son ancienneté, ni les datéer, ni connaître leur "contexte", ce qui explique notre méconnaissance de la signification symbolique ou rituelle des pièces archaïques. En outre, contrairement aux bronzes (hormis au XVIIIe siècle), les jades ne portent pas d'inscriptions.

Pour les chinois, le jade est la matière précieuse par excellence, mais le terme yu qui le désigne désigne également d'autres pierres offrant une dureté caractéristique et susceptibles de prendre un beau poli, comme l'agate, le quartz, et la serpentine entre autres.

En fait, le jade désigne deux minéraux différents : d'une part, la néphrite, silicate de calcium et de magnésium, dont la structure est fibreuse et l'indice de dureté 6,5 ; et d'autre part, la jadéite, silicate de sodium et d'aluminium, à structure cristalline presque translucide, et dont l'indice de dureté est 7.

La discrimination entre ces pierres se fait par la recherche des poids spécifiques car beaucoup de couleurs leur sont communes : le blanc, le gris, parfois bleuté, le bistre, le jaune, les tonalités brunes et rousses et toutes les variétés du vert. D'ailleurs, les verts sont d'autant plus intense et profond que la proportion de dérivés de fer dans la pierre est grande.

Le vrai jade (chen yu), est la néphrite, matière des jades archaïques chinois. Sa dureté, sa pérennité, la faculté qu'elle a de prendre un bord tranchant, la beauté de ses couleurs et sa sonorité, en ont fait aux yeux des Chinois une pierre surnaturelle, l'associant au principe mystique du Yang, l'élément mâle du cosmos. Le jade est alors considéré comme principe de vitalité, d'où son caractère sacré, l'étendue de son pouvoir, son rôle dans les rites religieux et funéraires et son utilisation comme emblème de rang et d'autorité. Au cours d'un séjour dans la terre, le jade se décolore et s'altère, du fait de diverses réactions chimiques.

Le jade était aussi un produit rare et coûteux car il provenait du Turkestan chinois (régions de Khotan et de Yarkand) et de Sibérie (région du Lac Baïkal) où les néphrites vert sombre sont ponctuées de petites taches noires, grains de graphite enrobés dans la pierre. La jadéite aux tonalités vives et à la texture translucide prend un poli plus brillant que la néphrite et provient de Birmanie (importation en Chine à partir du XVIIIe siècle). Le jade vert-émeraude de l'orfèvrerie moderne est une variété de jadéite.



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LA TECHNIQUE


Le travail du jade nécessite un abrasif plus dur que lui. Si cet abrasif est efficace, la matière des outils importe peu, sinon la néphrite ne s'entame que par l'acier. On estime qu'un mois de labeur constant est nécessaire pour transformer une dalle de 3 cm d'épaisseur et d'un format de 20x12cm en une masse grossièrement triangulaire.

La "scie" a pu être un couteau de pierre présent sur plusieurs sites préhistoriques. Les perforations étaient obtenues au moyen de vrilles dont l'action en rotation a parfois laissé des traces. Les trous sont généralement entamés par les deux extrémités et les forages ne se rejoignent pas rigoureusement et lorsque l'ouverture n'est travaillée que d'un côté, elle affecte une forme conique. Les vrilles, tubulaires, furent des os ou des tiges de bambou, qui offraient une gamme complète de dimensions.

Avec l'apparition du bronze, les possibilités de gravure ont évoluées et un corps gras plus adhérent a remplacé l'eau comme dissolvant des abrasifs. Puis, l'introduction du tour facilitant la rotation des outils marqua une évolution qui semble dater du VIe siècle avant notre ère.

Il s'avère à l'origine du renouveau du décor des jades à l'époque des Royaumes Combattants. Désormais, le matériel comportait des disques de pierre pour scier et découper, des vrilles et des gouges pour forer et inciser, et des outils de bois ou de cuir pour aiguiser et polir. On utilisait comme abrasifs les sables quartzeux, les grenats pulvérisés et le corindon, oxyde d'aluminium dont les cristaux tamisés forment l'émeri.

L'extrême difficulté de l'exécution, le temps et la virtuosité qu'elle requiert, jointes à la rareté et à la beauté de la matière, expliquent l'admiration que le jade inspire aux Chinois. Les qualités requises pour son élaboration ont contribué à faire attribuer au jade ses qualités surnaturelles.



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LES FORMES ET LEUR SIGNIFICATION


Le "Rituel des Zhou", livre datant du IVe ou du IIIe siècle avant notre ère, et relatant les rites et les usages des débuts de la dynastie nous permet de connaître le rôle du jade dans la vie chinoise, mais les traditions et le sens du rituel ancien étaient oubliées du fait des profondes transformations subies par la Chine. Ce livre devait redonner à la Chine des Royaumes Combattants les cadres de son unité traditionnelle. Or, il fut révisé selon les tendances moralisatrices et rationalistes de commentateurs confucéens à l'époque Han.

On ne peut donc attacher de valeur scientifique à ces textes, qui ont cependant servi de base aux interprétations des auteurs modernes.

Les haches, couteaux, ciseaux, hallebardes en jade sont des imitations d'armes et d'outils réels, auxquels allait s'attacher peu à peu une signification religieuse particulière. Des objets longs et plats à l'extrémité arrondie dérivent de haches primitives et sont liés à l'idée de vertu. Les plaques rectangulaires (kouei), couteaux primitifs, semblent avoir servi d'insignes de dignité et à certains sacrifices dédiés aux régions de l'Est.

Tous les symboles de pouvoir et de rang, ainsi que les instruments utilisés dans les sacrifices appartiennent à un cérémonial compliqué et strictement hiérarchisé. Le "Rituel des Zhou" cite six emblèmes destinés à honorer les divinités cosmiques et les quatre Directions de l'Espace dans le rite funéraire. Le sceptre kouei sert aux sacrifices à l'Est. Le hou, tigre en jade blanc, rend hommage à l'Ouest, alors que le chang ou demi-kouei honore le Sud, et le demi-pi, arc perforé aux deux extrémités ayant l'aspect du dragon ou du poisson, le Nord.



Le bi, disque de taille variable, d'épaisseur variant entre 2 mm et 1 cm, perforé en son centre, symbolise le Ciel, ou le "Pouvoir Suprême". Selon la proportion entre l'ouverture centrale et la largeur du disque son nom diffère : bi, lorsque le diamètre central est égal ou inférieur à la moitié de cette largeur; huan, lorsque les deux dimensions sont sensiblement égales et yuan, lorsque le disque est réduit à un anneau plus étroit. A l'origine sans décor,le bi se pare d'ornements en relief à la fin des Zhou.



Le cong est un cylindre encastré dans un parallélépipède rectangle élancé ou aplati jusqu'à ne constituer qu'un anneau massif. Les angles du bloc rectangulaire portent des entailles horizontales régulières qui encadrent des bandes plates champlevées, auprès desquelles un oeil circulaire est parfois gravé . Le cong symbole de la Terre, en opposition avec le bi, fut aussi l'emblème souverain de l'Impératrice.



Les autres objets en jade sont des objets de petite taille : ornements précieux cousus aux vêtements, pendentifs, épingles de coiffure, anneaux d'archers, sceaux et de minuscules figurines en ronde-bosse. Les petites plaques en forme d'animaux, traitées en découpages, avec silhouette schématique et vivante, représentent, le tigre, le dragon k'ouei, le lièvre (symbole lunaire), le cerf, le buffle, l'ours, la tortue, des poissons, et des oiseaux (oie, le hibou, cormoran). Parfois un décor gravé sur chaque face souligne les articulations et la ligne générale du corps. C'est sous les Royaumes Combattants que se développent les ornements (agrafes, pendentifs, boucles de ceinture, garnitures d'épée, ...).

Le jade était censé préserver les cadavres de la décomposition, ce qui développa la création d'amulettes censées préserver les cadavres de la décomposition, façonnées pour boucher tous les orifices du corps. La plus répandue est la cigale dont les métamorphoses firent un symbole de résurrection qui prenait place sur la langue des morts, figurant ainsi la nouvelle vie des âmes au-delà de la tombe, lorsque l'esprit s'est détaché du corps. Les yeux des morts étaient recouverts d'obturateurs de forme ovale et de petits tubes octogonaux étaient destinés aux narines, aux oreilles et aux autres orifices.

Sous les Han, à mesure des progrès techniques, des pièces de jade de toutes formes sont réalisées (statuettes, chimères, dragons en ronde-bosse, vases, bols, coffrets, miroirs). Sous les Song, des copies de pièces en bronze sont réalisées.



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LES STYLES


SOUS LES SHANG

A l'époque Chang, la taille est déjà fort habile et les pièces bien polies, les perforations sont souvent nettes. Les plaques animales présentent soit des contours continus, soit hérissées de dentelures ou de crochets, et les contours sont souvent biseautés.

Certains de ces animaux sont pourvus d'une sorte d'appendice taillé en biseau, tantôt pointu, tantôt en forme de spatule et qui se place sur la queue, sur la tête ou sous les pattes des animaux.

Les animaux sont souvent ornés d'un décor discret, obtenu par des procédés variés. Les motifs forment un mince filet se détachant sur le fond plat. Parfois le dessin n'est qu'une simple ligne gravée, le décor consistant en spirales, en chevrons simples ou doubles, en stries, en losanges.

Dans tous ces motifs on retrouve certains des éléments de l'art du bronze, mais traités avec une moins grande aisance en raison de l'extrême difficulté du travail.


SOUS LES ZHOU

Les jades du début des Zhou se confondent avec ceux des Shang. Vers le milieu de cette dynastie apparaissent les symboles cosmiques, le bi et le cong. L'époque des Royaumes Combattants marque le point culminant de cet art. L'habileté des artisans, l'abondance des formes et la fantaisie de l'ornementation se conjuguent alors. Les bi se couvrent d'un décor de "grains ", qui prend la forme de spirales, dont le départ est en relief et qui se terminent par une ligne incisée, avec parfois des félins et des dragons ajourés, qui évoluent sur leurs rebords.

D'autres bi portent des quadrillages imitant la vannerie. Sur la plupart des jades, les spirales en relief forment une riche broderie, limitée par les contours incisés qui suivent la forme de l'objet.

Le décor animal s'inspire de bêtes fantastiques. Les dragons, tigres, oiseaux huppés, dont les ailes, pattes, crêtes sont communs, s'étirent en "rubans" plusieurs fois recourbés.

Les têtes retournées et opposées s'équilibrent tandis que des écailles imbriquées, des croisillons, des triangles, des volutes, des motifs cordés ou nattés, des stries parallèles, animent les surfaces en les marquant de contrastes.

SOUS LES HAN

Le bestiaire fantastique des Royaumes Combattants fait place, sous les Han, à un répertoire plus réaliste qui utilisant la ronde-bosse. Dans l'ensemble les motifs géométriques se simplifient et se dessèchent, alors qu'une liberté plus grande, une fraîcheur et un élan nouveaux, animent les formes.

Le travail du jade se libère des contraintes techniques le limitant à des plaques ou à des demi-reliefs.

SOUS LES DERNIERES DYNASTIES

A partir des Han, on situe les pièces en fonction de leur parenté avec la sculpture contemporaine. Le naturalisme des T'ang est tantôt tempéré par la mise valeur de l'essentiel d'une forme, tantôt animé par une recherche expressive de force et de mouvement. Dans l'emploi du jade, l'artiste joue des nuances et des taches de la matière pour en tirer les effets les plus variés ou pour accentuer ses modelés.

Sous les Song apparaissent des tendances archaïsantes marquant un intérêt pour les arts de la Chine ancienne. On imite des objets de l'époque Han tels le pendentif terminé par des têtes de dragons affrontées et le vase hou avec décor foisonnant. Le traitement des spirales en relief dégradé, et les filets soulignant les contours, semblent caractériser cette époque.

Peu d'éléments permettent de préciser l'art des Ming. De grandes pièces, gravées en haut-relief de paysages montagneux, une grande variété de petits objets, et des séries de chevaux, buffles et autres animaux traités en ronde-bosse, de grandes dimensions et au naturalisme expressif semblent contemporain de cette dynastie.

Les jades des Qing sont les seuls à porter des inscriptions et des dates. Les ateliers des tailleurs de jade connurent une activité intense avec une multiplication des formes du fait de l'usage par la Cour d'une grande quantité de bijoux, d'ornements, d'objets rituels, de cérémonie, de vases, de coupes, et de bibelots. En outre, le Bouddhisme adopte le jade pour ses statuettes votives et ses garnitures d'autels. La technique est parvenue à résoudre tous les problèmes : jadéites et néphrites sont employées concurremment.

Depuis, la tradition se perpétue, et la production des ateliers modernes s'inspire de celle des siècles précédents.



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Jade-institut : le jade chinois ancien (collection, histoire, cartographie, expertise, documentation) http://www.jade-institut.com



LE LAQUE




Le laque, invention chinoise, est la sève de l'arbre "Rhus verniciflua". Ses propriétés, résistance à l'eau, à la chaleur, aux acides, solidité, légèreté, brillant, sont incomparables. D'abord utilisé comme enduit protecteur, il fut surtout utilisé pour créer des décors peints, sculptés, incisés, ou incrustés.

Le laque apparaît sous les Shang sur des bois sculptés et servait à préserver les parois et les piliers des chambres funéraires. Sous les Zhou, on en revêtait des véhicules, des harnais, des armes. Puis, les Royaumes Combattants et l'époque Han représentent un sommet dans le domaine des laques peints. Enfin, après une éclipse, l'art du laque renaît sous les Tang et les Song. A partir des Yuan, l'art du laque évolue régulièrement jusque sous les Ming et les Qing.

LA TECHNIQUE DU LAQUE

Le laque s'applique sur le tissus, les métaux, le cuir, la vannerie, la porcelaine, mais a surtout été employé sur le bois, directement ou sur une toile interposée.

Pour obtenir la sève du "Rhus verniciflua" :

  • 1. On pratique des incisions dans l'arbre qui laissent suinter une résine visqueuse.
  • 2. On épure cette résine par des filtrages et une ébullition lente.
  • 3. A l'état semi-fluide, le laque, prêt à l'emploi, est coloré.
  • Le noir (sulfate de fer ou noir de fumée) et le rouge (cinabre), sont les couleurs les plus utilisées. On utilise aussi le vert, le jaune, le bleu ainsi que de la poudre d'or ou d'argent.

    Après l'élaboration de la matière première, l'art du laque suit les étapes suivantes :

  • 4. Le laque est appliqué en couches minces, chacune devant être séchée et poncée avant la pose de la suivante.
  • 5. Le séchage se fait en milieu humide, à l'ombre et à l'abri de la poussière sur des lacs dans des barques.
  • 6. Devenu dur, on polit soigneusement le laque qui peut alors enfin recevoir un décor.
  • À l'époque Ming, le nombre de couches de laque pouvait atteindre une centaine. Le décor le plus simple apparu au Ve siècle avant J.-C. est le décor peint au moyen de laques colorés ou dorés. Le décor sculpté, taillé dans l'épaisseur des couches,apparait sous les Han et constitue l'essentiel de la production à partir des Yuan.

    Enfin, le laque peut aussi être incisé, les creux, linéaires ou larges, étant emplis d'or ou de couleurs.
    Souvent, le laque est également incrusté de matières variées : argent (sous les Han), nacre, argent et or (sous les Tang et Ming); combinaisons de nacre, ivoire, pierres dures (sous les Qing).

    Le soin et le temps requis pour la réussite des laques font de ces objets un symbole de luxe et de richesse. Aussi, sous les Ming, on imita à bon marché les laques sculptés en recouvrant des reliefs préalablement ciselés ou moulés.


    L'ÉVOLUTION DU LAQUE

    Le plus ancien témoin de l'art du laque est un fragment à reliefs découvert en 1980 sur le site archéologique d'Erlitou (Henan), à un niveau datant environ du XVIIe siècle avant notre ère.En 1973, on a trouvé dans les tombes royales d'Anyang de la dynastie Shang (XIVe-XIIe s. av. J.-C.), des pièces de bois laqué rouge et noir, certaines avec motifs sculptés, d'autres incrustées d'os et de coquillages.

    Sous les Zhou, à partir de la période des Royaumes Combattants (453-221), apparaissent les laques peints. En 1978 dans la tombe du marquis Yi, datant des débuts de la période, à Suixian (Hubei), on a trouvé des vases sur pied dou à décors géométriques, de grands cylindres peints de motifs curvilignes, d'arbres et d'animaux et des statuettes de cervidés et de canards polychromes,ainsi que des instruments de musique et d'immenses portiques laqués à trois étages supportant des dizaines de cloches de bronze.

    Les fouilles de Jincun au Henan, et de Changsha au Hunan, révèlent une grande recherche dans le décor des objets (coffrets, boucliers, plats, bols). Des personnages, des animaux, des motifs imités de ceux des bronzes incrustés, sont peints en rouge ou en jaune sur fond noir. Le même décor polychrome revêt, entre autres, d'étranges figurines rituelles et des coffres à vêtements ornés de nuages s'enroulant autour d'animaux et de phénix.

    À Xinyang, au Henan, outre des instruments de musique laqués et des objets de table ou de toilette préfigurant ceux des Han, on a trouvé de curieux supports de tambours faits de deux grands oiseaux dressés sur des tigres accroupis.

    SOUS LES HAN OCCIDENTAUX

    Sous les Han occidentaux (206 av.8 apr. J.-C.), les laques supplantent les bronzes dans les tombes des grands personnages. En 1972, la découverte des trois sépultures de la famille du marquis de Dai à Mawangdui, près de Changsha (Hunan) développe notre connaissance de l'art du laque. Les tombes de la marquise (environ 160 av. J.-C.) et de son fils contenant plus de 500 objets de laque, vaisselle de table (plats, plateaux, coupes à alcool ovales), objets usuels et de toilette, dont des coffrets contenant de petites boîtes à fard. Les pièces sont peintes avec délicatesse de rinceaux et de motifs géométriques, d'un rouge éclatant sur fond noir. En outre, deux des coffres protégeant le cercueil de la marquise (devenue célèbre par le prodigieux état de conservation de son corps) portent des peintures polychromes de nuages largement brossés, peuplés de petits personnages mythiques ou réalistes, de fauves, d'oiseaux.

    La production d'ateliers impériaux, situés au Sichuan entre le IIème et le Ier siècle avant notre ère est abondante et a été trouvée en Mongolie du Nord, Corée, Asie centrale, Afghanistan et dans la province du Gansu. Le décor de plateaux, boîtes, coupes aux anses saillantes, est composé de personnages et d'animaux peints librement ou de rinceaux classiques.

    Certaines pièces sont ornées de reliefs, d'autres d'incrustations d'argent. Les coupes portent parfois de longues inscriptions qui témoignent du soin apporté à leur réalisation (on y relève le nom des ateliers, des artisans et contrôleurs responsables de la fabrication, et des dates s'échelonnant entre 85 avant et 71 après J.-C).

    Jusqu'à l'apparition du "laque sec", procédé permettant d'exécuter des pièces légères et résistantes en modelant des tissus imprégnés de laque sur un noyau enlevé par la suite, sous les Han orientaux, les pièces sont souvent consolidées par la pose d'une toile noyée dans les couches de laque.




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