LE THÉATRE CHINOIS



Le théâtre classique chinois est une synthèse de différents éléments qui constituent un opéra pouvant se dérouler sous plusieurs jours.

A la différence de la tradition occidentale, le texte est librement adapté pour servir l'ensemble.

La plupart des acteurs ne jouent qu'une catégorie de personnages parce que chaque catégorie de personnages génère des mouvements, une voix, et des costumes, qui lui sont propres.

Dans l'opéra de Pékin, les rôles les plus importants sont dévolus aux personnages masculins d'âge mûr (lao sheng).




LES PERSONNAGES

LES MAQUILLAGES

DIALOGUES ET MONOLOGUES PARLÉS

LES COSTUMES

LE CHANT

LE RÉPERTOIRE

LA MUSIQUE

LES GENRES

LES GESTES ET BALLETS

L'ACTEUR




LES PERSONNAGES

Les personnages masculins (sheng)


Les vieillards à barbe blanche (mo), les hommes d'âge mûr avec une barbe (lao sheng), les guerriers (wu sheng ), les jeunes premiers (xiao sheng).

Les personnages féminins (dan)


Les vieilles femmes (lao dan), les femmes respectables "habits noirs" (qing yi), les coquettes et servantes (hua dan), les femmes guerrières (wu dan).

Les visages peints (jing)

1- Les ministres traîtres au visage blanc mat avec quelques lignes noires indiquant les rides (da hua han).

2- Les visages peints avec un maquillage aux couleurs brillantes (er hua han) individualisent les personnages de généraux et les personnages violents.

Les clowns (chou)


Les clowns portent une tache blanche au milieu du visage et sont soit des guerriers, soit des personnages civils. Ainsi sont maquillés les gardes (long tao) et les combattants (shang xia shou), qui jouent les soldats de deux camps opposés et dont le jeu se limite à des mouvements d'acrobatie.


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LES DIALOGUES ET MONOLOGUES PARLÉS


Chaque catégorie de personnages possède une voix particulière et la prononciation des mots diffère du parler local, sauf pour les clowns, ce qui constitue pour les acteurs l'élément le plus difficile de l'opéra, car il n'y a pas d'accompagnement musical pour guider les voix.

Les dialogues et monologues assurent la compréhension de l'intrigue, les parties chantées ne faisant souvent que reprendre ou développer le contenu des parties parlées par des descriptions d'états d'âme ou de paysages, avec un grand nombre d'images répétées de livret en livret.



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LE CHANT


Dans la plupart des opéras, le chant est accompagné par le violon à deux cordes ou, plus rarement, par la flûte. Les styles musicaux xipi et le erhuang, élaborés dans la Chine centrale au milieu du XlXe siècle, se sont répandus dans presque toutes les provinces et forment la base des opéras. Chacun comporte un mode donné avec un certain nombre de structures musicales ayant le même motif décliné mais des variantes selon la catégorie de personnages en plusieurs rythmes (lent, rapide, normal, libre), qui sont marqués par de longues castagnettes (ban).

Contrairement à l'opéra occidental, l'orchestre suit le chanteur et non l'inverse expliquant ainsi sa place sur le côté de la scène pour pouvoir observer les acteurs. Des airs de violon (guomen) assurent la liaison entre les parties chantées.



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LA MUSIQUE


L'orchestre comprend d'une part des instruments à percussions (gongs, cymbales) qui accompagnent les mouvements, ponctuant chaque geste, et d'autre part des instruments à cordes, le violon à deux cordes, souvent lui-même accompagné par deux sortes de guitares (yueqin et sanxian) qui accompagnent le chant, et est dirigé par le joueur de tambour, qui marque aussi le rythme en entrechoquant le ban.

La flûte est utilisée pour certaines mélodies anciennes et la trompette chinoise (sona) sert à souligner des moments solennels (mariage, audience à la cour) ou pour imiter certains bruits comme le hennissement du cheval.



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LES GESTES ET BALLETS


Dans l'opéra chinois tous les gestes obéissent à des règles précises et portent un nom, si bien que le moindre geste est dansé. La position des doigts, la hauteur à laquelle on élève le bras, les mouvements des yeux sont fixés et varient selon la catégorie de personnage.

D'ailleurs plusieurs ballets sont inclus dans la plupart des pièces : la danse des épées, la danse d'un guerrier qui se prépare au combat (qipao), la danse des longues écharpes.

Les ballets les plus élaborés dans l'opéra de Pékin, représentent des combats entre armées : ces ballets entremêlent des mouvements d'ensemble des manipulations d'armes par un combattant seul sur scène, des combats entre les deux principaux guerriers ou entre un guerrier et plusieurs attaquants, des mouvements de troupes par les simples soldats, représentés par des acteurs qui font des variantes du saut périlleux et des démonstrations de boxe chinoise; ils se terminent souvent par de vastes tableaux vivants où tous les acteurs s'immobilisent.

Ces ballets guerriers incluant des acrobaties et des jongleries s'inspirent des descriptions de batailles dans la Chronique des Trois Royaumes, où la rencontre d'un représentant de chaque camp décidait l'issue du combat, les troupes n'intervenant qu'ensuite pour poursuivre les vaincus et concrétiser la victoire.



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LES MAQUILLAGES


Traditionnellement, on joue devant un rideau uni. Les représentations dans des théâtres permanents ont introduit le décor. Mais les éléments importants de l'esthétique visuelle sont le costume et le maquillage.

Chaque catégorie de personnages a un maquillage propre qui couvre tout le visage et seuls les visages peints ont autant de maquillages que de personnages. Les barbes sont accrochées au-dessus des oreilles et cachent la bouche pour éviter que le spectateur en voie l'intérieur quand l'acteur chante.



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LES COSTUMES


Les pricipaux costumes s'inspirent des habits de la dynastie Ming : l'armure (kao), entièrement brodée, avec une partie élargie à la ceinture portant une tête de tigre, un rond au centre de la poitrine représentant "le miroir qui protège le coeur" et des drapeaux de commandement fichés dans le dos; l'habit de cour (mang), avec un dragon brodé s'élevant des flots; la robe de lettré, croisée sur la poitrine et attachée sur le côté droit, qui, pour les rôles d'amoureux, est en tons pastel, brodée de fleurs ou de papillons, les couleurs et les broderies devant être en harmonie avec le caractère et la fonction du personnage.

Ils existe des chaussures particulières au théâtre : les bottes de tissu noir à haute semelle blanche et les chaussures de femme dont la semelle repose sur un petit support de forme pyramidale pour permettre à l'acteur d'imiter la démarche des femmes ayant les pieds bandés.

En somme, on constate que le principe de la technique est de créer un univers théâtral à l'opposé du réalisme, où tous les éléments suivent des règles très strictes.

Une fois acquise la maîtrise de ces éléments, qui forment un jeu de construction, un acteur peut très rapidement apprendre une nouvelle pièce, car elle n'est jamais qu'une combinaison particulière d'entités connues, ce qui explique qu'un acteur possède plusieurs centaines de pièces à son répertoire.



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LE RÉPERTOIRE


Le répertoire se compose d'une part de piêces classiques écrites sous les dynasties mongole et Ming et adaptées au cours des âges aux différents styles d'opéra, et d'autre part d'épisodes issus de la littérature populaire, qu'on retrouve dans les romans. On distingue les pièces littéraires (wenxi), dont le chant forme l'attrait principal, et les pièces guerrières (wuxi), où l'intrigue n'est souvent qu'un prétexte pour des acrobaties et des ballets.

L'histoire est le moteur de la plupart des pièces et on peut presque raconter toute l'histoire de Chine en mettant bout à bout quelques centaines d'entre elles. L'amour n'est donc le ressort que d'un nombre limité de pièces, dont "Le Pavillon occidental", et plusieurs ne comportent même aucun personnage féminin.

Aussi une partie du répertoire est-elle formée d'histoires fantastiques ou mythologiques, comme celle du Serpent blanc ou comme les pièces tirées du Voyage en Occident, dont le Singe est le principal personnage.

En fait le répertoire est moral et le public aime les histoires de brigands et de redresseurs de torts, ou du juge intègre qui finit par démasquer le vrai coupable.

En somme, l'opéra chinois a créé des archétypes de personnages et de situations qui incarnent les grandes vertus traditionnelles : la fidélité à la patrie et à l'empereur, la piété filiale, la fidélité de la femme, que la séparation ou la mort n'entame pas, le dévouement à une cause ou à l'amitié.

Toutefois, le pouvoir officiel a souvent interdit ce théâtre, car il défend des personnages devenus bandits d'honneur à cause de l'injustice de fonctionnaires tyranniques ou véreux, il vilipende les ministres traîtres qui par ambition personnelle conseillent mal l'empereur.



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LES GENRES


En dehors dei la technique du répertoire, chaque province a son ou ses dialectes, qui marquent le théâtre local. Aux styles musicaux répandus, chaque province a inclus, au moins dans certaines pièces, des mélodies populaires locales; et toutes ces musiquesi varient selon la composition de l'orchestre et le type de violon à deux cordes utilisé.

Les costumes ont également des caractéristiques locales. Ainsi, l'opéra cantonais utilise-t-il les couleurs vives et les paillettes scintillantes, tandis que l'opéra de Pékin se caractérise la sobriété du costume, l'importance des ballets guerriers, la diversité des peintures faciales et, pour le chant, l'étirement d'une même syllabe sur plusieurs notes.

À l'intérieur des provinces survivent des genres populaires joués par des amateurs dans les villages, qui ne comprennent que trois types de personnages (hommes, femmes et clowns) et qui utilisent des airs folkloriques locaux. Ce théâtre rudimentaire, le "théâtre des chansons pour le repiquage du riz", ne joue que des pièces simples (des comédies).

Le théâtre des provinces du Sichuan et du Guangdong, celui de la région de Wuhan et, le Yueju de la région de Shanghai (entièrement joué par des femmes qui exclut les pièces guerrières et excelle dans les pièces d'amour) sont les plus importants genre théâtraux chinois après l'opéra de Pékin.



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L'ACTEUR


La formation d'un acteur commence vers sept ou huit ans et nécessite un entraînement rigoureux. D'abord, on commence par apprendre à marcher, à faire des sauts périlleux, puis on passe au chant, ce qui constitue la formation générale de base.

Selon ses qualités, l'enfant se placera alors sous l'égide d'un maître qui lui transmettra son art. Autrefois, les écoles théâtrales devaient donner des représentations quotidiennes pour survivre. Elles étaient invitées à donner des représentations pour la fête d'un dieu et jouaient en plein air, en face du temple, le spectacle étant une offrande aux divinités payée par la communauté. Les grandes villes disposaient de quartiers d'amusement avec un ou plusieurs théâtres où des troupes se succédaient.

Dans ces théâtres traditionnels, la scène s'avançait au milieu des spectateurs, surélevée et surmontée d'un baldaquin avec un pilier à chaque coin. Le public s'asseyait le long de tables disposées perpendiculairement à la scène, on y servait du thé et des friandises et les gens riches disposaient de loges sur les côtés. Les élèves avait alors l'occasion d'appliquer leurs connaissances au fur et à mesure de leur acquisition. Mais, les acteurs n'étaient pas mieux considérés que les chanteuses qui tenaient compagnie aux convives dans les restaurants.

Maintenant, la plupart des écoles sont financées par l'administration et l'enseignement scolaire est parallèle à l'apprentissage. Les troupes jouent dans des théâtres permanents.




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