LE THÉ BLANC |
|---|
Thé rare, héritage de la dynastie Song, il est très rafraîchissant et possède un effet apaisant. La fabrication du thé blanc est délicate et la qualité du produit final dépend essentiellement du flétrissage, difficile à contrôler : si la température est trop humide, les feuilles rougissent, voire noircissent s'il ne fait pas assez chaud. Pour obtenir une déperdition d'eau comparable à celle des autres thés, les feuilles flétrissent de 48 à 60 heures avant de les dessécher dans des bassines pendant une demi-heure. Leur aspect argenté explique leur nom de pointes d'argent (silver tips). Leur infusion couleur mandarine pâle est cristalline. Issu de la province du Fujian, la récolte de ce thé ne s'effectue que deux jours par an si toutes les conditions sont réunies, ce qui en fait un des thés les plus chers du monde.
|
LE THÉ VERT |
|---|
Le thé vert est le plus prisé en Chine. Boisson quotidienne, il désaltère et stimule l'esprit. Ce thé est récolté dans les régions montagneuses et sur les collines noyées de brume. Il existe plusieurs qualités de thés verts au goût très délicat. Les thés verts ne sont pas fermentés. Les feuilles sont séchées, puis torréfiées pour détruire les enzymes responsables de la fermentation. La méthode traditionnelle consiste à étaler les feuilles vertes fraîches en fine couche sur des plateaux de bambou qui sont alors exposés au soleil pendant deux heures. Les feuilles sont ensuite versées (par petites quantités successives) dans des plats chauffés à 100°C où on les secoue vivement à la main. Leur souplesse se développe à mesure que l'humidité s'évapore : les feuilles de thé deviennent pliables pour le roulage. Au bout de cinq minutes, les feuilles ramollies sont roulées à la main en boules, en bâtonnet, en torsades ou en feuilles de thé (thé Lung Jing) sur des tables de bambou, puis elles sont reversées dans les plats chauds et remuées rapidement avant d'être soit roulées une deuxième fois soit simplement séchées. Après deux heures, les feuilles prennent leur couleur définitive.
|
LE THÉ SEMI-FERMENTÉ (WU LONG) |
|---|
Spécialité des provinces du Sud de la Chine (Fujian et Guangdong notament), le thé semi-fermenté, dont font partie les thés Oolong, bénéficie des vertus du thé vert et du thé noir : considéré comme le plus équilibré, il dissout les graisses et élimine les toxines. Leur faible teneur en théine rend les thés semi-fermentés particulièrement indiqués pour être consommés le soir ou bien en fin d'après-midi. Le thé Oolong de Chine impose une cueillette des feuilles à maturité, puis un séchage immédiat au soleil, avant d'être secouées dans des paniers de bambou pour taler leur bordure. Les feuilles qui restent entières et ne sont pas roulées sont ensuite alternativement remuées et séchées jusqu'à ce qu'elles s'éclaircissent tandis que les bordures prennent une teinte rouge liée à l'oxygène. Cette phase d'oxydation s'achève lorsqu'on obtient 12-15% de fermentation (environ deux heures) pour passer à la dessiccation, ce qui donne des thés légers aux saveurs végétales. Le thé Pouchong de la province du Fujian, méconnu, est une autre variété de thé peu fermenté, subissant une fermentation moins longue que celle des Oolong (5%). Il constitue une catégorie à mi-chemin entre le thé vert et le thé Oolong. Toutefois, il faut savoir que thé Pouchong sert souvent de base pour le thé au jasmin et lesautres thés parfumés.
|
LE THÉ NOIR |
|---|
Produit du Yunnan, le "thé noir" (nom occidental) est en fait un thé rouge d'après la couleur de son infusion que l'on distingue en deux catégories : le thé noir non fumé et le thé noir fumé. Le traitement de ce thé se déroule toujours en quatre phases : flétrissage, roulage, fermentation et dessiccation. Selon la méthode traditionnelle, on étale les feuilles au soleil pour les faner et les rendre soules afin de pouvoir les rouler sans en fendre la surface. Ensuite, les feuilles de thé roulées sont brisées et étalées en couche mince sur des planches, des claies dans un endroit frais et humide pendant quatre heures afin d'assimiler l'oxygène, qui procurera une teinte rouge cuivré (fermentation) et libérera les composants chimiques indispensables à l'obtention du goût final. Le thé est alors soumis à la dessiccation pour stopper sa décomposition : les feuilles deviennent noires et exhalent la senteur spécifique du thé. On peut encore voir en chine l'utilisation de grandes marmites sur des feux pour la dessiccation finale. Aujourd'hui, la méthode CTC (cut, tear, curl; broyage, déchiquetage, bouclage) permet d'obtenir des morceaux de thé plus fins qui infusent plus rapidement et sont parfait pour réaliser les sachets de thé industriels.
|
LE THÉ NOIR FUMÉ |
|---|
|
Les feuilles utilisées pour les thés noirs fumés sont âgées mais en les fumant, on obtient une infusion parfumée subtile. Après le roulage, les feuilles sont légèrement grillées sur une plaque de fer chaude, puis disposées sur des claies de bambou au dessus d'un feu de racines d'épicéa afin d'en prendre l'odeur et le goût selon une durée qui varie en fonction du degré de fumage que l'on souhaite obtenir.
|
LE THÉ JAUNE ET LE THÉ SOMBRE |
|---|
Ces qualités de thés sont obtenues grâce à un procédé de torréfaction et de sudation qui entraîne une fermentation différente de celle des thés noirs. La torréfaction se fait à l'étuvée dans des bassines recouvertes de paille parce que les feuilles utilisées sont plus âgées donc peu humides. Un premier roulage est effectué et les feuilles sont recouvertes d'une toile humide pour conserver un degré hygrométrique de 85% pendant une fermentation de 24 heures à l'issue delaquelle intervient un autre roulage puis une dessication rapide. L'épaisseur du tas et la durée de fermentation conditonnent l'obtention de thés jaunes ou sombres. Les thés sombres servent à la fabrication des thés en brique (thé pressé dans un moule en forme de brique né à l'époque de la dynastie Tang avec la popularisation de l'usage "thé bouilli") et se bonifient avec le temps.
|