La société chinoise est conçue comme un tout organique et le système des examens conçu sous les Han et généralisé sous les Tang tend à pouvoir aux besoins en élite pour une bonne gouvernance et continuité sociale. La société chinoise s'organise en quatre classes sociales.
Les esclaves
- Ennemis capturés ou civils faits prisonniers lors de conquêtes (attribués aux militaires et à l'Etat).
- Résultat d'un jugement temporaire ou définitif de servitude, rachetable ou non selon le degré de culpabilité (propriété de la commune, du district ou de l'Etat).
- Contrat de servitude librement consenti en échange de gîte couvert et protection armée, voire en règlement de dettes. Le chef de famille a aurorité pour légalement vendre u ou plusieurs de ses membres.
- Achat ou don de concubine qui peut retrouver la liberté par contrat dûment enregistré.
- Les ennuques de par leur fonction.
Un contrat de vente comporte toujours une possibilité de rachat, donc de réversibilité, ce explique pourquoi en Chine, la condition d'esclave n'induit pas une infériorité essentielle du servile, mais traduit simplement de degré de misère atteint, situation susceptible d'évoluer.
Les paysans, artisans et marchands
Malgré les distributions de terre et les quelques limites aux innombrables corvées qui empêchent les paysans de cultiver la terre (armée, canaux, palais, murailles), la condition des paysans reste globalement misérable. Les artisans, installés dans les villes, sont subordonnés aux autorités locals dont ils dépendent totalement. Les marchads, acteurs économiques primordiaux pour le développement du pays sont considérés comme la base de la hiérarchie sociale et tous les moyens de la rabaisser et de la maintenir soumise sont admissibles. La docilité des marchands face aux fonctionnaires qu'ils admirent et envient est d'ailleurs surprenante.
La hiérarchie nobilière
Les Tangs décident d'intéger la noblesse dans la hiérarchie mandarinale et les fiefs sont convertis en rentes (2/3 des revenus fiscaux des fiefs). ces charges sont héréditaires mais dégressives dans l'ordre mandarinal afin de promouvoir la hiérarchie du mérite sur celle de l'hérédité. En quelques générations sans effort on n'a plus rien, ce qui permat de réduire d'autant l'influence de l'aristocratie.
- Wang (prince)
- Junwang (prince de commanderie)
- Guogong (duc de principauté)
- Jungong (duc de commanderie)
- Xiangong (duc de sous-préfecture)
- Xianhou (marquis de sous-préfecture)
- Xianbo (comte de sous-préfecture)
- Xianzi (vicomte de sous-préfecture)
- Xiannan (baron de sous-préfecture)
La hiérarchie mandarinale
Le système mandarinal permet d'éviter que la noblesse ne s'empare du pouvoir et d'administrer un pays vaste et peuplé ou la communication prend du temps. Les mandarins titulaires de fonctions se répartissent en deux catégories, liu nei ayant accès aux postes supérieurs de l'administration et liu wai occupant les fonctions subalternes, catégories se divant en 9 degrés comportant en tout trente classes (les degrés I à III dont affectés de deux classes, et les degrés de IV à IX de 4 classes).
A chaque rang correspond une tenue spécifique (insignes, couleur vestimentaire, taille de manche, modèle de coiffe). Tous respectent un ordre de préséance : mandarins fonctionnaires, mandarins portant un titre civil, mandarins portant un titre militaire et enfin mandarins honoraires sans sans fonction attachée à leur titre. Les mandarins liu wai n'ont pas accès à la Cour.
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