Face à la multiplication des autonomies militaires, Cinq Dynasties (Liang postérieurs (907-923), Tang postérieurs (923-936) dont les souverains sont des Turcs Shatuo, Jin postérieurs (936-947), Han postérieurs (947-951) et Zhou postérieurs (951-960)) tentèrent successivement de Kaifeng ou Luoyang de contrôler la Chine du Nord pendant cette période connue sous le nom de "wudai shiguo". Au Nord du pays, d'anciens "commissaires impériaux" Tang s'autodésignèrent empereur, tandis qu'au Sud Dix Royaumes coexistèrent, chacun occupant un espace régional quasi-défini : le Wu-Yue (902-978) dans le bassin inférieur du Yangzi, le Min (909-945) au Fujian, le Wu (902-937) dans le Jiangxi, l'Anhui, puis une partie du Fujian, les Han méridionaux (911-971) au Guangdong et au Guangxi, les Shu antérieurs (907-934), puis postérieurs (934-965) au Sichuan, le Chu (907-951) au Hunan, le Jingnan (925-963) au Hubei, et enfin les Han septentrionaux (951-979), dans le nord du Shanxi. Les royaumes du Sud permirent une période de paix relative et de décollage économique qui s'acheva sur l'utisation de leurs rivalités par le fondateur des Song pour les conquérir. La période est dominée par une classe militariste d'origine modeste issue de la rébellion de Huang Chao (875-884) à la fin des Tang qui s'appuie sur les fonctionnaires, ainsi que l'émergence aux frontières de la Chine de royaumes barbares puissants (royaume Thai de Nanzhao (puis de Dali) dans l'actuel Yunnan, le Vietnam, la Corée, et la dynastie Kitan des Liao dans l'est de la Mongolie) qui influèrent sur le renforcement du pouvoir impérial à la fin de la période et sous les Song. |