Du IVème au VIème siècle, cinq dynasties d'origine chinoise (Jin orientaux de 317 à 419, Song de famille Liu de 420 à 479), Qi de 480 à 502, Liang de 502 à 556, et Chen (557-589) se succèdent à Nankin. Cette Chine du Sud se caractérise par de faibles densités humaines, la dispersion des centres de peuplement, une économie peu développée, l'importance des populations ethniques (tibéto-birmanes, Thai, Miao et Yao), la faiblesse de l'État et la puissance des grandes familles qui constituent des domaines étendus et à assurent leur propre défense. Sous les dynasties du Sud, la cour de Nankin est le lieu d'affrontement des grandes familles rivales qui détiennent tour à tour la réalité du pouvoir. Des chefs d'armée devenus indépendants des empereurs provoquent par coups d'État les changements dynastiques dans la continuité. Il faut toutefois se souvenir que souvent, le nord du Zhejiang, la vallée de la Gan au Jiangxi, et le Sichuan sont indépendants de Nankin. En dehors des villes sur le Yangzi (Wuchang, Nankin) et les côtes sud de la baie de Hangzhou (Guiji, dans la région de l'actuelle Shaoxing), et alors que se développent des relations maritimes avec le Vietnam, le Cambodge, la Corée et le Japon, l'économie de la Chine du Sud reste rurale, la plupart des régions vivant repliées sur elles-mêmes du fait de l'existence de grands domaines autarciques et indépendants. A la fin du Vème siècle, sous les dynasties Qi, Liang et Chen, le développement du grand commerce et de l'économie monétaire bouleverse le système des grands domaines autarciques, créant de fait des armées de déclassés commandées par des aventuriers. Après la rébellion de Hou Jing en 548, les dynasties Liang et Chen s'affaiblissent au point de succomberaux assauts des Jin du nord en 589. |