La dynastie des HAN de l'Est ou Han postérieurs (25-220) se caractérise par le développement d'une classe de fonctionnaires lettrés et le tranfert de la capitale à Luoyang au Henan occidental. L'énorme système défensif du Nord-Ouest qui maintient ouverte la route des oasis se désagrège peu à peu. La paysannerie passe sous la protection des grands propriétaires fonciers qui s'organisent en cités fortifiées autarciques défendues par des milices privées. A la fin du IIème siècle, les Qiang montagnards proto-tibétains (au Shanxi et au Sichuan), et les nomades Xianbei dans le Nord-Est, menacent l'Empire. Les fonctionnaires s'opposent aux eunuques du Palais marquant l'affaiblissement du pouvoir central. La misère engendrée par les catastrophes naturelles provoque de nombreux soulèvements populaires, mais les chefs d'armée chargés de la répression se constituent des armées personnelles avec d'importants contingents barbares pour piller les centres urbains de la vallée de Wei et de la Plaine centrale, ce qui provoque un recul de l'activité urbaine et de l'économie monétaire. Il faut retenir de la dynastie des Hans postérieurs le développement d'une poésie de cour savante issue des poèmes de Chu consistant en longues descriptions rythmées (fu). Sous l'empereur Wu nait un Bureau de la musique qui renouvelle les formes poétiques héritées de l'antique Livre des odes (Shi Jing) pour créer la poésie classique. Au début du IIe siècle, le papier se substitue aux lamelles de bambou, de bois et à la soie, et le premier dictionnaire chinois, le Shuowen Jiezi, paraît vers 100. La nécessité d'un "culte" impérial explique le développement d'une interprétation cosmologique et cabalistique des Classiques. Ces œuvres antiques s'accompagnent de commentaires se référant aux théories classificatoires de l'ex-royaume de Qi (système des Quatre Éléments, théorie du yin et du yang). Un taoïsme religieux et communautaire substitue, à la fin du IIe siècle, une administration théocratique à l'administration impériale. Parallèlement le bouddhisme, dont la présence est attestée avec certitude en 65 après J.-C., commence à pénétrer dans les milieux urbains. Ban Gu rédige le Hanshu, "Histoire des Han", au cours du Ier siècle. |