LA PERIODE DES ROYAUMES COMBATTANTS




Cette période commence avec l'éclatement, en 453, du royaume de Jin (Shanxi et nord Henan), en trois royaumes, royaume Zhao au nord, Wei au centre (le plus riche et le plus puissant) et Han au sud. Cette date marque le début d'une période de guerres acharnées entre les sept Grands royaumes chinois (Qin dans le Nord-Ouest, Zhao, Han et Wei, Yan dans la région de l'actuel Pékin, Qi au Shandong et Chu dans la moyenne vallée du Yangzi), au cours de laquelle le monde chinois subit de profondes mutations qui conduisent dans la plupart des royaumes au renforcement du pouvoir central et au développement d'institutions monarchiques.

Les rois créent un conseil privé de spécialistes de la guerre, de la diplomatie ou de la politique, s'appuient sur la petite noblesse, ébauchent un corps de fonctionnaires payés et révocables, contrôlent les paysans, exploitent et se réservent les zones sans propriétaires. Le développement du commerce et l'apparition technique de la fonte de fer à l'origine de la sidérurgie aux environs de 500 favorise l'essor de l'économie.

Les progrès de cette période se traduisent par de grands travaux d'irrigation (canaux, digues et barrages, réservoirs), la mise en valeur de nouvelles terres, et la construction de vastes remparts urbains et de grandes murailles de défense sur les frontières des royaumes, qui coïncident avec le développement d'armées de paysans-fantassins (dotées à la fin du IVe siècle, d'une cavalerie créée sur le modèle de celle des nomades de la steppe), de campagnes de longue durée et de sièges qui font évoluer l'armement (catapultes, arbalètes, engins de siège).

A la fin du IVème siècle, le royaume Qin de la vallée de la Wei entreprend les réformes les plus radicales. L'école "légiste" définit la rationalisation du système politique et social par le découpage circonscriptions administrées par un corps de fonctionnaires de tout le territoire, l'élimination de l'ancienne noblesse, le contrôle des paysans par l'institution de groupes de familles à responsabilité collective, la réorganisation du système agraire, ainsi que dans la priorité absolue accordée à la guerre et à la production des céréales; modèle dès lors de pouvoir étatique et centralisé de tous les empires chinois du Nord-Ouest, jusqu'aux Tang.

Ce système permit à Qin Shi Huangdi, entre 230 et 221, de s'emparer de tout l'espace chinois, depuis la Mongolie et la vallée du Liaohe en Mandchourie jusqu'au bassin du Yangzi, pour fonder le premier Empire chinois.

Il faut retenir de cette période le développement d'une rhétorique issu du foisonnement des courants de pensée et des écoles indépendantes dont celle de Confucius (Vème siècle) qui cherche à définir un idéal aristocratique de l'honnête homme qui sera compilé dans les Classiques. On notera que Mencius (Mengzi, fin du IVe s.) qui affirme les vertus de la morale en politique et sa foi dans l'homme s'oppose à Xunzi (300-230 env.) qui insiste au contraire sur les bienfaits de l'éducation et des contraintes sociales alors qu'ils se réclament de la tradition de Confucius.

Or, le publiciste Mozi eu la plus profonde influence en dénoncant l'esprit de clan, les luttes de prestige, la passion des richesses et les goûts de luxe propres à la haute noblesse car il entend substituer un idéal égalitaire et altruiste à l'égoïsme familial de l'aristocratie. Les tenants de Mozi, adeptes de l'efficacité de la loi pénale les a fait qualifier de "légistes". Conscients de la primauté de l'économie et de la puissance militaire, ils substituent à la complexité des coutumes, des droits et des pouvoirs hérités du passé, l'uniformité d'une réglementation étatique centralisée.

Toutefois, il ne faut pas négliger les tenants de l'individualisme et de l'anarchie qui s'opposent aux légistes et aux moralistes, dont les plus connus sont les "taoïstes".

Les taoïstes, dialecticiens et amis du paradoxe, prônent les vertus de l'obscurité, du détachement, et de la simplicité. Selon eux, chaque progrès technique, chaque institution nouvelle représente un pas de plus dans l'asservissement de l'homme et dans l'altération de ses vertus naturelles. (Les ouvrages taoïstes de référence sont le Tao Te King, "La Voie ou la Vertu" de Laozi, et le Zhuangzi).




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